Etude des Textes transmis à Jantel
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29 Décembre 1979

D 29 décembre 1979     H 08:50     A Rasmunssen + Virgins     C 0 messages


Question
- Que devons-nous conclure de notre échec aux 24 heures de Niort ? Seule Lucette semble avoir réussi dans cette épreuve, dans le sens du dépassement de soi. Jean, vous le savez, a connu ses problèmes habituels : son point de côté, cette sorte de barre au niveau de l’estomac et Lucette est persuadée, que tout comme moi, il a trop structuré le problème…

Rasmunssen
- L’Univers s’exprimant à l’infini, il est faux de vouloir structurer les choses mais l’échec n’étant rien de moins que le tremplin de toute phase évolutive, il doit nous permettre aujourd’hui de confondre vos pensées aux nôtres, dans l’instant qui nous rassemble, aussi faisons donc ensemble le bilan de vos péripéties niortaises…

L’ombre, Jantel, se tient toujours près du corps quand la lumière illumine ce dernier. Nous vous avions déjà dit que seule votre amie Lucette parviendrait à vous accompagner… Vous en rappeler les raisons serait faire offense à votre mémoire ! (rire) Sa progression ne devra toutefois pas l’empêcher de tempérer ses ardeurs : la haine n’a nul besoin d’être attisée pour embraser l’âtre des rapports entre individus ! La domination des éléments commence par une domination de soi-même… L’apport aux autres ne doit pas être un fardeau pour ces autres !…

Quant à votre ami Jean, il faut qu’il accepte d’apprendre à maîtriser la douleur : en matière de dépassement, c’est primordial ! La douleur s’exprime quand bon lui semble et ne cède rien à l’habitude, toutefois, par certaines restrictions à l’égard de ses impulsions, il est possible de faire corps avec elle !..

Ainsi, en se privant de manger, même lorsque l’on a très faim, on retardera l’apparition de cette sensation, en temps opportun. Le problème de l’alimentation prime dans le cas de votre ami Jean. Consommer n’importe quoi, n’importe quand, confère ses viscères à un simple rôle d’assimilation : rôle proprement incomplet lorsqu’on sait la vocation de ces organes, sans lesquels l’exercice du jeûne ne conduirait à rien sur le plan mental…

Virgins
- La douleur n’est qu’une particule de la souffrance ! Souffrir c’est « être » ! Etre, c’est faire corps ! Je puis vous dire schématiquement que la douleur est essentiellement provoquée par les échanges Eau/lumière active, quand ceux-ci se produisent de façon anarchique. Le contrôle de soi dépend de ce principe psychophysique. Lorsque les organes précités sont mal irrigués, car obstrués par la suralimentation, ils cèdent à la douleur… La régularisation des fonctions ne s’obtient que par le sommeil, c’est à dire au détriment de tout mouvement… Ce procédé s’avère à la longue insuffisant : la digestion prenant le pas sur le volume des activités…

Rasmunssen
- D’où ces accès d’immobilité stagnante que votre ami subit, Jantel ! A l’état éveillé…

Virgins
- Vivre en état de digestion permanente nuit surtout aux fonctions cérébrales ! Vous le constaterez en observant notamment les espèces ruminantes !..

Rasmunssen
- Venons-en présentement à vous Jantel… Parlez-nous de vos sensations actuelles !

Virgins
- Oui ! Situez votre progression !..

Question
- Puis-je assimiler à de la progression le fait de ressentir un désintéressement quasi-total à l’égard de ce qui m’entoure ? D’aucuns parlent de crise de mysticisme à mon égard… Pour ma part, je me sens plus équilibré qu’à une certaine époque…

Rasmunssen
- On ne peut parler des autres qu’en fonction de soi Jantel, donc de façon très superficielle. Toutefois, nous allons écarter quelques uns des doutes qui masquent vos pensées. Je sais par exemple que vous rejetez l’objet sous ses formes agréabilisées : là, vous troublez votre entourage et, le mimétisme aidant, ce trouble rend cahotante votre route… Il est certain que seules les « choses vraies » ne nous lasseront jamais, car elles nous surprendront toujours…

Voyez-vous, Jantel, la lumière aveugle ou réchauffe sans que l’on puisse la maîtriser, ceux qui croient la domestiquer sont en fait asservis par elle… Cela dit, il convient de considérer la situation dans le contexte dans lequel elle évolue.

L’immobilisme n’est pas l’inertie. Les objets sont inertes : couleurs et formes ne sont que le jouet de vos sens, la lumière les mécanise, leur confère un semblant d’existence mais il n’y a de vie en eux qu’en la matière qui les constitue… L’amour conduit irrémédiablement à l’aversion : la promesse n’étant pas élément de continuité…

Question
- Qu’entendez-vous par promesse ?

Rasmunssen
- Lorsque vos sens décèlent quelque chose, ils le font dans un instant, lequel instant, vous ne l’ignorez pas, est fugitif… Mais, comme votre recherche permanente de bien-être institutionnalisé veut proroger ce délai, votre cogito sachant de toute évidence, même à l’état de semi-conscience qui entoure ce moment, que l’éphémère de la situation prendra toujours le dessus, ne serait-ce qu’en se remémorant subconsciemment la limitation originelle de votre existence, il y a déséquilibre car désir de conserver dans le but de revivre la même situation ensuite…

Il y a là auto-persuasion donc indirectement promesse ! Or, comme un instant ne survient jamais plusieurs fois de la même façon, la promesse conduit à cette conclusion qui souligne irrémédiablement le mal-fondé de la chose entreprise : d’où naît sans contestation possible la rupture. L’habitude étant intervenue, elle lasse les sens et détruit par stagnation toute forme d’agrément : votre esprit n’enregistrant plus de phase évolutive.

L’insatiabilité vous conduit alors à d’autres projets qui péricliteront de la même façon, à quelques variantes près…

Question
- Donc, en nous rendant propriétaire d’un objet, on se persuade, on se promet de l’aimer toujours de la même façon : ce qui explique que l’on s’en lasse, en s’apercevant que ce n’est pas le cas ?

Rasmunssen
- Nous avons là décomposé le processus par prise de conscience répertoriée, Jantel !..

Question
- Que devons-nous entendre par ce terme ?

Rasmunssen
- Il s’agit là d’une des possibilités d’harmonie que recèle notre esprit, Jantel… Il en va ainsi des choses que l’on ressent ensemble, sans concertation préméditée. Il y a là inhérence : facteur existentiel et situation vécue se confondent. Les facultés mémorielles enregistrent : d’où la répertorisation autorisant la résurgence en un temps donné.

Possédant tous ces facultés, il ne reste qu’à l’instant de surgir pour venir leur offrir consistance, la multiplicité de la chose ne s’expliquant que par l’élément de « vrai » qui baigne toute harmonie…

Question
- Vous parlez comme un livre… Rasmunssen !

Rasmunssen
- Nous ne sommes, vous comme moi, Jantel, que les pages du seul livre digne d’être lu : l’Existence. C’est l’existence qui, chapitre après chapitre, nous conduira à la conclusion, c’est-à-dire à la Vie… Mais ne nous perdons pas en mots déguisés ! Sachez que vous évoluez comme il se doit, en délaissant « l’objet », mais de grâce Jantel, n’en faites pas don aux autres ! Vous savez trop bien à présent que vous leur feriez vivre des instants faux…

La véracité, en la matière, serait que vous consentiez à ne plus rien acquérir Jantel ! Les saisons suffisent à modifier votre décor sans que vous vienne à l’idée de vous les accaparer…

Question
- Est-il donc impossible de faire des cadeaux sans se compromettre ?

Rasmunssen
- Offrez si cela correspond à votre réalité du moment… mais donner ce que vous avez acquis n’ajouterait rien à votre progression car l’interprétation de votre geste ne constituerait que trouble et entraînerait une forme de déséquilibre…

Question
- Peut-être ai-je voulu, en cédant mes biens, conjurer une sorte de sentiment de culpabilité : donner me permettant alors de libérer ma conscience…par rapport à une image du détachement des biens matériels que j’idéalise sans trop vouloir l’avouer…

Rasmunssen
- Non Jantel ! Mais le fait de voir les autres désirer quelque chose qui ressemble à ce que vous avez en votre possession conduit votre vocation anthropocentrique à vouloir assouvir leurs désirs… cela s’estompera… De toute façon, vous avez déjà la conviction que ce que vous possédez n’ajoute rien à votre bonheur, Jantel… Il appartient aux autres de s’en rendre compte par eux-mêmes, sans que vous vous sentiez obligé de vous dénuder pour accréditer le bien-fondé de votre théorie… François d’Assise, puisque vous pensez à lui, s’est trompé. Il s’est trompé par rapport aux autres… L’erreur couronne toujours les tentatives de prise de pouvoir de la multiplicité, Jantel… Seule l’harmonie peut multiplier, laissons-la donc faire…

Quant au mysticisme, il n’est qu’effet de linguistique. Maintenir à l’écart ce qui apparaît comme irrationnel relève tout bonnement d’une prise de conscience non répertoriée : réminiscences de facultés intuito-instinctives à l’état embryonnaire, sans plus… Tout peut être qualifié de mystique, votre connaissance imparfaite des choses vraies interdit à vos propos et conclusions toute nuance : l’inexplicable se comprend parfois, mais ne s’explique pas toujours…

Question
- A propos d’inexplicable, que penser du départ de la soeur de Lucette de chez ses parents ?

Rasmunssen
- Rien de plus que vous ne pensiez déjà Jantel… Du Vide remplace le volume, quand par ailleurs ce volume s’empare de vide... Votre amie Béatrice fuit. Elle fuit quelque chose de concret : ce à quoi son entourage la destinait. Son cogito lui fait ressentir le besoin de rompre le fil de certaines servitudes… elle se refuse à subir le fléau de l’habitude… Qu’elle prenne garde Jantel ! L’habitude est tenace : elle ne cède le plus souvent qu’à l’habitude… Une autre habitude, soit, mais qui domestique et atrophie tout autant sens et instincts. Fuir est acceptable… mais se fuir est irréalisable !..

Question
- Est-ce le « soi » qui est en cause alors ? Dois-je lui parler ?

Rasmunssen
- On ne vit pas qu’en fonction de soi Jantel ! L’amour de soi conduit également à une forme d’aversion… et le doute, intervenant sans faillir, peut conduire, les circonstances aidant, jusqu’à la rupture avec le cogito. Songez à votre ami Gérard !

Mettez-la en garde, si vous le jugez bon, sur la fugitivité des instants. Là doit s’arrêter votre démarche. Le temps reste le même, Jantel, seul l’instant varie de par les situations vécues…et l’instant devient passif lorsqu’il se trouve offert au récit, à la conclusion. Laissez-la découvrir elle-même certaines choses essentielles !

Ne partagez jamais sa progression : pour chacun les étapes sont différentes quand bien même le but à atteindre serait identique…

Question
- Je sais… c’est comme pour la course…

Rasmunssen
- Nous savons Jantel !.. Mais nous savons aussi que nous ne saurons jamais tout…

 

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