Etude des Textes transmis à Jantel
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Exégèse de Jean Platania : chapitre 4 - La Foi

D 19 mai 2004     H 20:11     A JEAN PLATANIA     C 0 messages


Dans cette dernière partie de l’entretien est développée l’énigmatique question de la foi, difficile à enfermer dans une définition reconnue et acceptée par tous et objectivement indécelable sans la participation d’une expérience capable de la révéler. Dans ce cas, il n’est rien de plus normal pour ladite foi que de se formaliser par rapport à l’espèce à laquelle appartient le sujet qui en est le réceptacle. Cela étant posé, cette gestuelle osmotique se présente, en ce qui regarde notre espèce bien sûr, en tant que limite indépassable de l’aptitude à se fondre avec l’onde propagée des fluctuations alternatives.

Son avènement généré par la neutralisation des directionnels requiert un intérêt particulier de notre part, munis des éléments que nous possédons. Nous admettons, pour l’avoir déjà relaté, que la rencontre de directionnels qui se neutralisent engendre une plage d’immobilisme.

Auparavant, la fusion constante des choses aura chargé ces faisceaux de l’informationnel que le mouvement/Pensée déclinera à travers les espèces sous la forme d’ondes pourvoyeuses du mode pulsionnel, lequel traduira la qualité intrinsèque du transmis en l’échange.

Cette réactivité qui figure l’écho de l’intuition provoquée par les directionnels s’harmonise avec le processus de compensation existentiel pour constituer les divers ambiants en lesquels chacun se détermine en fonction de sa faculté d’interception.

La propriété à vivre le mimétisme avec l’onde de Vide, orchestrée par le syzygisme spatio-temporel, définit la foi, le « faire corps ». Les nuances dans les réponses traduisent la densité de l’échange, laquelle se retrouve dans les dynamiques collectives de peur conjurée par des pratiques déclenchant des courants opposés stabilisateurs ou des phénomènes gestaltiques rassemblant en interaction des secousses telluriques et des mouvements de foule. On l’aura compris, c’est la modification des données de l’échange initialement induites par les variations imprimées par la force d’attraction aux flux directionnels qui conditionne le mode pulsionnel, donc la foi.

On imagine aisément que ce déterminisme n’empêcha point le déploiement d’un riche chromatisme qualificatif dont l’hétéromorphisme servit de support. Ce courant multiplicateur de morphologies ne pouvait que satisfaire l’impérieuse loi des ambiants « densité/qualité » dans sa permanence, indépendamment de sa transgression par les androgynes ; d’ailleurs, une fois la disparition de cette espèce mère consommée, vint s’ajouter parallèlement à cette genèse l’action morphogène des espaces vectoriels en leur renouvellement.

La dominante gestaltique qui empreint toute cette articulation adaptative concerne aussi les espaces vectoriels et leurs changements. On peut par exemple intervenir sur les éléments d’un même vecteur ou modifier la base vectorielle en diminuant le nombre de vecteurs, en d’autres termes transformer sa dimension.

Dans un ambiant conjoncturel où la tendance est à la détérioration de

I’échange, la compression des repères vectoriels peut fort bien se rapporter à un phénomène identique de dégradation de la dimensionnalité des continuums humains.

Cette redéfinition géométrique trouve en la transtructuralisation sa cause initiale - mais plutôt originelle serait-il préférable de dire en référence à l’ordre implié du Temps qui la contient. La succession des instants, chacun rassemblant tous les autres selon sa situation ordinale, est le support conducteur du voyage de la Pensée dans la visite des états existentiels émergents.

En même temps qu’elle crédibilise l’omnipotence de l’échange, la richesse du transmis rend caduque l’hypothèse de sa fragmentation, grâce notamment à la Pensée qui le traverse et l’anime. Le différentiel de réverbération qui diffuse la qualité des choses à vivre se fonde sur la permanence du donné et la compensation existentielle que propose l’amblant ne souffre aucune déviance prolongée à l’égard de la Situation Etablie.

L’effacement de l’androgyne de la scène biologique et sa contribution à la densité existentielle aboutirent à la formation d’un hétéromorphisme résiduel qui adapta sur le mode quantitatif l’ordre ancien soutenu par l’espèce disparue. Forts du principe que seule l’Harmonie multiplie, la résignation est de mise devant I’inéluctable fragilisation qui guettait la prolifération anthropomorphe.

Le résultat ne se fit pas attendre, empruntant tout à la fois les traits d’un hétéronomisme et d’une létalité accentués. Et si l’enveloppe psychique de nos lointains ancêtres eut à subir la pression grandissante des facteurs extérieurs, la cause immédiate incombe aux réminiscences récessives subsistant des périodes antérieures.

L’adoption de la scissiparité en tant que technique de gestation écarta la liberté du choix des cellules de regéométrisation, qu’il fût naturel ou pas, au profit de I’unique solution qu’offrit le patrimoine parental. Notons qu’à la base de ces composants mimétiques et chromosomiques se structura la vectorisation de l’espace qui confinerait ensuite nos déplacements et représentations dans de plus étroits repères.

Comme par ailleurs l’accélération spiralienne de récursivité réduisait les états de suspens, tout en amplifiant les fréquences de retour, afin de parvenir à la régulation de la densité viable, on ne voit que la diminution de la durée de vie consciente qui pût satisfaire à la résolution de cette équation.

Ces voies correctrices ne furent évidemment pas les seules et si le « vulcanisme » ne présente pas de difficulté majeure de compréhension, le « subductionnisme », quant à lui, exprime le cas géophysique d’une plaque océanique s’enfonçant sous une autre plaque en raison de leur croissance de surface aux dorsales océaniques et du volume inextensible de la terre. L’action pathogène du virus dont la vie est liée à la cellule hôte développe sa virulence selon la zone infestée, au plan individuel, et provoque aussi des hécatombes au plan des espèces lorsque c’est l’ambiant qui stimule sa propagation.

Ce mouvement autocorrectif illustre la détérioration en cours et promeut l’actualité du point de non-retour car cette séquence de la Pensée inveloppée revêt les attributs d’une existence procédant, comme il se doit, de la rencontre de deux flux lumineux dispensateurs de la qualité des choses à vivre ; ce positionnement ne peut se soustraire à la Pensée qui le vit.

On retrouve le mouvement de cette même Pensée dans la « préprogrammation » aux particules de leur caractère séquentiel puisqu’il imprime son informationnel au formationnel, donc à l’existentiel du point de non-retour. Cette occurrence d’actualité délivra sa vérité par la réduction de la durée de vie, corollaire de la division inhérente à la séquentialisation et complément de la mise en équation de la quantité viable citée plus haut, en ses principaux aspects.

En fait, ce catalogue de déboires, récessifs pour le bon ordre de la progression de notre espèce, reposa sur la structure ambiante en sa subparallélisation. Tout dans la syzygie spatio-temporelle s’édifiant au gré de la démultiplication, la parallélisation initiale créée par la rencontre des courants de pression formateurs de faisceaux se retrouve dans chaque cas où s’entrecroisent des continuums, et l’ambiant en est un exercice très représentatif.

Cette « infraparallélisation » fit le lit de l’interférence des courants qui circulent en son sein par l’advection que la géométrie du situationnel rendit obligatoire. Le dispositif de stratification, même démultiplié, ne peut contrevenir au principe d’immixtion de l’onde de Vide entre les Espaces volumiques ; ainsi le donné, le directionnel, dévia sa course linéaire et diffracta les flux, installant une qualité d’ordre inférieur.

La diffusion tangentielle de l’informationnel conduisit ipso facto à l’appauvrissement intrinsèque du message et la dilution de la substance lumineuse affecta de même le reçu qui, de moindre puissance, se discerna moins convenablement et, de ce fait, compromit la réflexion du transmis dont l’empreinte n’agit pas uniquement dans l’acte mais également sur la mémoire.

La fragmentation de « I’unitaire » - c’est ainsi qu’il y a lieu de le représenter - émietta la cohérence fulgurante du donné en une dispersion réceptrice. Il est opportun, en l’état avancé du dialogue, d’esquisser une association herméneutique avec la « transpulvérulence de la complexité » rencontrée plus haut ; celle-ci incarne en la réductibilité de la réception du donné un progrès aussi bien dans le « faire corps » que dans les états consécutifs aux mues évolutives, lesquelles conduisent de la bioluminescence vers la transparence.

La dépense d’énergie incontrôlée qui perturba l’harmonie de l’échange existentiel orienta la perception extrasensorielle du vécu vers une mutation récessive dans le sensoriel.

Si le captage des signaux sensoriels après leur passage vers les centres nerveux est évident chez le sujet ne souffrant d’aucune pathologie rédhibitoire, en revanche, la mobilisation des ressources extrasensorielles ressortit à la capacité d’admissibilité d’impression car est investi à cet endroit le dimensionnel concerné par l’onde de Vide.

Une fois de plus, relevons que la Pensée dont tout procède dans le vivant est multidimensionnelle à l’image du Temps et que le mimétisme dans sa formulation ondulatoire est affaire de mue évolutive. Ce que l’homme avait conservé de sa faculté à épouser le mouvement, à savoir l’agissement et « I’intuito-instinctivité » déjà quelque peu entamés -, céda la place à l’intelligence analytique et à l’acte.

Avertis par le contenu des Textes antérieurs, nous ne nous attarderons pas sur le jugement dévalorisant qui pèse sur ces deux artefacts de la Pensée, le premier n’étant en bonne part rien de plus que l’aptitude pour apprendre à apprendre et le second ayant conquis le statut d’une fonction normative.

La réflexion intelligente interdisant la spontanéité de la réponse, c’est-à-dire activant la mécanique anthropocentrique de transmission du donné, il devient inévitable d’aboutir à l’exacerbation du cogito ; I’acte se définissant telle la projection intentionnelle d’une réalité rêvée, se creusa au fil du temps chronologique le décalage entre « ce qui est » et son interprétation en actes agis.

Une interface nommée délai prit corps conséquemment à l’hypertrophie ipséitaire et éloigna dans l’ordre de l’avènement de la chose à vivre le temps premier de la réception luminescente de sa continuation consciente.

En l’état parvenu de l’évolution, même de moindre qualité, la concomitance temporelle entre les deux phases eût été source d’un possible ressaisissement face à l’aporie existentielle où s’était engagée l’espèce ; malheureusement, notre perception du temps se limitant à l’unidimensionnel, le délai masqua la qualité des choses à vivre que l’ambiant projetait. L’épaisseur de l’intervalle, qui n’est autre que celle du cogito, contribua à un effet de diffraction du donné sur les phases de durée et de qualité du transmis.

Incapable d’obéir aux devoirs que la fusion temporelle avait imposés, I’homme ne put rien officialiser qui ne répondît à la volonté de durer, substituant son « inframouvement » au préjudice du « devoir être » dont l’unique exigence se résorbe dans le « faire corps ». Les atermoiements et erreurs de parcours suscitèrent un fort courant autodestructeur imputable à l’état embryonnaire des capacités intuitives.

L’eccéité des espèces pensantes détermine un comportement collectif d’actes à agir dont on pressent l’écart par rapport au vrai, seul l’agissement étant de nature à susciter un mouvement convergent, hormis les rares cas de prise de conscience répertoriée ; or l’agissement exprime pour nous la foi et éclaire la propension individuelle à intercepter l’onde de Vide, refoulant dans un univers utopiste l’espoir de l’unité de l’élan fidéiste.

Chronologiquement, ces épisodes négatifs eurent pour théâtre le cyclique précédent au cours duquel le rapprochement de notre espèce avec celle de Karzenstein, celle-ci alors semi-géométrisée, fut possible pour certaines races évoluées parmi toutes. Le terme anthropologique de « race » désigne une variété constante au sein d’une même espèce et pour nous, lecteurs appliqués des « Textes », rend compte du principe selon lequel ce sont les mouvements géologiques qui régissent le mouvement des communautés humaines et leur répartition sur le support n’est plus le fait d’un accident mais la résultante d’une configuration édaphique qui irriguera le germe de l’évolution spécifiquement idoine.

L’onde naissante de ces rencontres aurait dû propager par mimétisme ambiant l’écho bénéfique de sa dynamique vers ceux qui la reçurent, même imparfaitement. Nous pouvons soupçonner dans l’échec à effet différé de cette alliance l’intangible vérité qui affirme que toute progression ne s’instaure que dans la conscience par soi du chemin à parcourir et nous venons, hélas, de mesurer l’opacité de cette entité psychique ; une deuxième cause se dissimule dans l’incapacité de vivre, lors d’un semblable situationnel, une qualité de choses dans la constance sans la présence directe de l’élément énergisant.

Dans le cyclique qui suivit, notre Guide apprit, grâce à l’accès à la temporalité pluridimensionnelle, ie rôle compensatoire qui fut le sien (et celui de ses pairs bien entendu) pour aider à l’autocorrection des évolutions erratiques, cette participation étant liée à l’informationnel de l’ordre implié.

Ce développement récurrent de resuperposition par mutation prit les traits, à cet instant précis de l’échange, d’une assistance entre espèces différemment pourvues. Soulignons toutefois l’adéquation de la formule choisie selon les cas parmi beaucoup d’autres dévolues à la nature du circonstanciel à vivre (ordonnancement magnétique, espaces vectoriels, « viralisation » etc.).

Cette place, comparable à celle d’un chef d’orchestre chargé d’harmoniser l’ensemble des pupitres mais aussi de « déchiffrer » la partition, leur fut conservée dans ce nouveau cyclique à un palier supérieur : celui des états de suspens où s’entrecroisent les ambiants.

Le fruit de cette liaison compassionnelle se circonscrit - ce qui est loin d’être négligeable au regard de l’importance de la chose - au mode de procréation qui emprunta des formes naturelles fondées sur le « climatisme » et « I’apomixisme ».

La fécondation opérant la constitution d’un œuf par fusion des éléments mâle et femelle, I’apomixie se présente comme une reproduction qui en fait abstraction ; s’agirait-il de la réunion de ces deux éléments mais conjugués par une technique extérieure à l’échange corporel ?

Dans ce cas, nous avoisinerions une pratique proche de l’exogénisme des androgynes sur le plan de la manipulation génétique mais n’omettons pas de considérer, en la phase terminale du cyclique où nous nous trouvions, I’hérédité récessive due à la fixité conséquente du processus approximatif employé et l’intention du cogito qui l’entretint.

Notre horizon ne devrait pourtant jamais plus connaître un aussi bel azur qu’en cette période où l’histoire de l’épopée humaine nous situa à l’apogée des possibilités de notre expression. Au terme du cyclique, I’involution qui frappa notre espèce devait surprendre les Etres de lumière autant qu’ils le furent par la disparition des androgynes.

Comme il en est d’ailleurs fait mention dans un Texte antérieur, le présent étonnement note la distance entre le situé du Temps Dimensionnel et le non situable de l’ordre qui le transcende. En matière de Temps, nous avons admis l’interdépendance de ses sections pour la compréhension profonde et totale de l’instant qui voit naître la prise de conscience du mouvement ; le Temps de la fulgurance de l’lntelligence Divine est celui de l’inabordable à la pensée réfléchie qui se confond avec l’Etre absolu dont la volonté n’est point production d’actes mais permanence de l’agencement constitutionnel, lequel désigne en lui-même une direction synchrone avec la fusion constante au sein de l’originel.

Le temps où notre destin bascula dans l’irréparable fut également celui de la mutation évolutive de la civilisation engloutie, éternelle Loi de Compensation. Pour ces Etres, la rupture des ruptures se consuma en la délitescence ; cet attribut ontologique, ad majorem Atlantides gloriam, signa leur entrée parmi les Espèces immortelles dans le même temps où disparaissait brutalement tout désordre.

Pour être complets, indiquons l’autre signification du mot « délitescence » qui est « dissolution d’un corps sous l’action de l’eau » ; or le déluge avec lequel ils firent corps en bout de cyclique aligne cette phénoménologie géophysique dans la perspective de ce second sens.

La polysémie de ce substantif dont la racine latine « delitescere » veut dire « se cacher », « disparaître sans dommage » s’accorde fort bien avec la situation vécue même si la soudaineté de notre involution avancée en amont de la phrase nous ferait pencher pour le premier sens au principe de l’équilibre syntaxique.

L’infime portion d’lntelligence Divine octroyée à notre souche génitrice « infligée » serait plus juste au regard du caractère punitif de la mutation n’empêcha point de nouveaux contacts favorisés par des plissements métamorphiques et un équilibre démographique prometteurs.

Des premiers on peut imaginer le relief que revêtit le support par suite de la compression des couches sédimentaires et qui répartit les races évoluées dans des bassins géographiques tempérés, à l’abri des contacts délétères de lointains cousins englués dans la protohistoire. Du second on conservera le sentiment qu’en ces temps la démographie de ces espèces s’accordait avec les exigences de la densité ambiante.

De ce fait, quelques brillants esprits de nos prédécesseurs eurent accès à une information justifiée par leur statut d’être en devenir et susceptible de nous épargner les affres du point de non-retour.

L’espérance récupérera cet espoir hélas déçu dans le cœur de ceux, clairsemés, qui eurent encore assez de lucidité pour opposer l’obstination de la foi à l’inclination de la force. Le fourvoiement emporta l’homme dans sa conviction erronée de la rupture comme finalité de son existence et de l’acte comme raison de sa présence.

Pour bien comprendre la première de ces assertions, constatons que la rupture portée au faîte de la finalité existentielle engage le sujet à s’adapter à ce but à atteindre, pour le moins inévitable. Guidé seulement par le situé, il n’y eut pas d’obstacle à ce qu’il admît sa fin comme un fait absolu. Il déploya une activité consciente fortement teintée d’anthropocentrisme qui orienta sensiblement la notion de finalité vers une acception interne, propre au vivant, exclusive de son équivalent externe que Kant, par exemple, opposait à la première et considérait comme la véritable finalité de l’être.

Quoi qu’il en soit, le constat de rupture grossissait encore de l’échec qui avait sanctionné le figement du situé en chacune des opérations conscientes d’adaptabilité à la finalité de l’existence. Selon le principe de compensation, le Vide exerçant sa pression en lieu et place du volume provisoirement écarté, s’installe la souffrance dont il est rare que l’on sorte par une autre voie que celle du remplacement de l’intention, lequel maintient davantage le sujet dans l’onde de forme.

A la faveur de cette précaire interception l’acte assuma la fonction de raison de vivre ; I’évidence de son apport constructif à l’édifice existentiel fut le témoignage de sa perception d’un temps enfermé dans les limites d’une vie consciente. Malheureusement cette croyance ne fit l’objet d’aucune remise en cause collective. Le délai dont nous fîmes cas plus haut et dont le cogito s’employa à entretenir la constance dénatura profondément la destination évolutive de la qualité des chose vécues, appréciée en tant que qualité des choses à vivre.

L’influence mimétique prit le pas sur le mimétisme osmotique et le seul acte qu’il eût été profitable d’accomplir, les moyens aidant bien sûr, s’éloigna définitivement de nos consciences pour ne subsister qu’à l’état semi-conscient dans le registre de l’agissement.

C’est d’ailleurs cet espace du domaine psychique qui est le centre d’attention de la part des Etres transparents dans leur fonction de récupération des « élites » humaines en passe de vivre une mue évolutive. De celle-ci il est précisé qu’elle s’étage en degrés jalonnant, entre bioluminescence et transparence, un parcours variablement visité par l’impétrant en fonction de sa capacité à embrasser tous le ambiants ou une part seulement. La stratification en ce domaine se veut à l’image du systématisme cosmologique où tout se vit en désuperposition à partir d’un donné initial.

Il serait erroné de conférer à la représentation du phénomène une structure verticale responsable de la géométrisation d’une physique qui se déploie indépendamment des repères métriques. C’est l’onde de Vide en sa présence intercalaire dans les couloirs existentiels qui qualifie le mouvement avec lequel, en fin de compte, s’uniformise l’espèce vécue. L’appartenance à la transparence cellulaire n’est qu’application ; dans les couloirs précités où s’entrecroisent les flux directionnels de cette vibration ondulatoire, la fluidité substantielle est jumelle de la multidimensionnalité temporelle (puisque Vide = Temps).

Après avoir parcouru les étapes successives de ce qui ressemble à une chute, Karzenstein accepte, à la fin de ce brillant exposé où fut tracée la silhouette bien pâle de notre humanité, de répondre à une ultime question sur le territoire d’exercice d’un choix libre et conscient de notre part en marge de la pression ambiante ; prise de conscience et volonté d’aller à la souffrance tiennent lieu de voies offertes à notre vouloir.

« Les choses vraies ne se structurent pas » ; lorsque la part de vrai que recèle une situation nous agresse, il convient de vivre en harmonie avec elle et de ne négliger aucune de ses sollicitations. Toute dérogation à cette injonction entraîne un retard dans l’évolution et un déséquilibre dans l’échange. La prise de conscience n’est autre que la prise en compte sans complaisance de cette image - bien que décalée dans le temps - reflétée par le miroir et qu’il est néfaste pour les mémoires futures d’occulter lorsque les aspects dérangeants commandent d’en rejeter les causes.

L’absence d’assiduité dans la remise en question accélère de ce fait les regéométrisations et raccourcit d’autant les états de suspens. La concentration attentive que mobilise l’interception du vrai et son prolongement dans la constance nous conduit aux portes de la souffrance dont l’eccéité s’impose à la marche évolutive de tout ce qui aspire à « être ».

« Mieux vaut solliciter la souffrance que d’affendre d’être sollicité par elle » nous fut-il conseillé. L’introspection, lorsqu’elle est conduite de façon à mettre en lumière la causalité des situations vécues, est source de souffrance. L’absence de justice, au sens de notre conscience, dans les actes agis engage le mouvement de notre esprit vers cette souffrance qui connaît son apogée dans « I’incapacité réalisée par celui-ci de pouvoir réaliser ce que l’idée de ses aptitudes en les reviviscences qui l’habitent lui propose ».

Peut-on mieux formuler le fossé séparant nos actes de la qualité des choses à vivre ? La quête de cet éden insituable symbolise ce qu’est la foi pour notre espèce dans le même temps où la souffrance dont elle s’accompagne est foyer d’abstraction de soi au regard des effets qui abordent notre sensibilité.

Nous voici parvenus au sommet de la montagne et nous ne pouvons toucher le ciel. L’espoir, qui à son pied a laissé croire que son pic aiguisé modulerait la Iyre des dieux, s’évanouit. Devant nous l’horizon insaisissable de la connaissance accueille, au crépuscule de nos illusions, le soleil incandescent de la Vérité infinie.

La perspective de la raison nous a trompés une fois de plus car, poussés par la vanité qui ose plier la réalité à la pression de nos sens, nous avons cru que I’analyse serait la voie du salut. Certes, I’ascension ne fut pas vaine et si d’autres`voies demeurent, aucune n’a le privilège de la primauté.

L’effort de la Pensée dans l’élévation est mouvement total de l’être tendu vers un point de convergence. Ce mouvement scande qu’aucune certitude n’est figée ni acquise en les mots ; au mieux est-elle l’expression de l’instant où elle s’intercepte avant de diffuser sa partition dans l’échange sur lequel l’horloge du temps invite à passer.

Quelle que soit la pertinence d’une critique, plus encore dans le cas présent, aucune n’autorise à faire l’économie du doute car le mot, dans sa géométrie étroite, enserre une pensée qui aspire à l’envol.

Notre devoir commun, confrontés à l’édifiante beauté des Textes, est d’ouvrir une route personnelle faite de rigueur et d’originalité car si la destination est la même pour tous, la fréquentation de la souffrance reste individuelle.

Puisse la forge de ma raison inquiète être parvenue à tremper un outil que I’usage sagace du lecteur ne brisera pas trop vite.

 

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