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A propos du "choix" et de nos capacités en la matière
lundi 21 décembre 2009, par
A propos du "choix" et de nos capacités en la matière.
Les dernières pages du Voyageur de l’Orage placées sur Jantel.org suscitent apparemment quelques questions tournant autour du libre-arbitre, à travers notre capacité de faire des choix, et - selon toute logique - de les voir aboutir.
Le questionnement semblant parti des éléments constituant le décor du Voyageur de l’Orage, nous commencerons donc par observer le déroulement des faits dans un ordre chronologique.
Tout d’abord, nous ne perdrons pas de vue - qu’en matière artistique - tout démarre par une interception. Celle-ci est-elle "souhaitée" par l’intercepteur ? Pour ce qui me concerne, je conviendrai qu’elle est en tout cas "souhaitable" dans la mesure où l’intercepteur trouve dans la réalisation de l’interception matière à assumer son compensatoire existentiel (siège de notre équilibre).
La chose se veut ici considérée par rapport au sentiment de plénitude qui - bien que "fugitif" -, vient investir (a posteriori) ledit intercepteur. Toujours au plan personnel, j’exciperai que cet agissement peut se voir assimilé à ce que les Textes définissent sous le syntagme exercer une pression à la pression .
Dans un premier temps, nous venons ni plus ni moins de concéder à nouveau que la manoeuvre interceptive demeurait le produit d’un agissement dont nous savons qu’il ne passe pas au préalable par le cogito (facteur limitant l’idée de tout choix conscient digne de cette appellation).
Lors d’un deuxième temps, sachant aussi que nombre de nos agissements se résolvent par des actes (donc avec le soutien du cogito), nous accédons au pouvoir décisionnel qui nous donne d’entreprendre (ou non) "l’élaboration" de ce qui nous a investis.
De fait, nous voilà revenus à la conception du Voyageur de l’Orage qui, tel que ce fut relaté, se façonna en plusieurs étapes. Il n’y a pas lieu de s’appesantir sur les chansons qui s’écrivirent tour à tour sur environ deux décennies, sinon pour relever - qu’en majeure partie - elles restent liées aux Textes transmis par les V.E.T.
Ne nous éloignons pas de l’exposé en cours en alléguant, sans crainte de nous tromper, que rassembler ces chansons - afin d’en constituer une histoire à travers les thèmes traités - appartient en propre à un choix délibéré. Nous ajouterons à cette occasion que les dialogues sont évidemment à inclure dans ce même mouvement.
Un troisième temps nous conduit à la mise en scène de l’ensemble et c’est sur ces entrefaites qu’intervient l’interrogation sur la prédominance du "qui fait quoi" ?
Explication :
Pour ce qui a trait au décor intérieur, l’idée de situer le déroulement de la pièce dans un château a germé en Provence, non sans que l’on ait songé un temps à choisir un couvent (sis à proximité de mon lieu d’habitation), lieu qui avait un certain inconvénient : la connotation religieuse qui aurait pu être attribuée (à tort) à l’histoire, et qu’il s’avérait "souhaitable" d’éviter.
Le décor extérieur prévoyait une clairière, éventuellement quelque ruine envahie par la végétation, et surtout un gros chêne. Ce dernier retenait pour moi une importance symbolique depuis 1998. A l’époque, j’avais respecté les dernières volontés d’un ami (en phase terminale d’une longue maladie) qui m’avait demandé de répandre ses cendres au pied d’un énorme chêne sis aux alentours de la petite ville de Gémenos, au pied du massif de la sainte-Baume.
Sept années s’écouleront avant que le projet du Voyageur de l’Orage ne prenne corps, sous les formes que l’on peut trouver aujourd’hui sur Jantel.org. Ce sont mes amis franciliens qui me décidèrent de me mettre à l’ouvrage, peu de temps après mon établissement dans leur région. Ils se proposèrent de m’aider pour la partie mise en scène et pour la réalisation cinématographique. Ce qui fut dit fut fait : le tournage débuta presque simultanément à l’écriture des dialogues, avec l’appoint d’une douzaine de bénévoles.
Nous n’avions pas eu à réfléchir longtemps sur le site. Dès que j’eus émis l’idée du château, une des amis précités m’invita à me rendre dans un département voisin, à environ 150 kilomètres au sud de son domicile où sa fille aînée venait d’aménager dans... un château.
Arrivé sur place, j’interrogeai cette dernière sur l’éventuelle existence d’un chêne (de préférence pluriséculaire). Miracle (?), il s’en trouvait un à quelques hectomètres, en contrebas du bâtiment. Mieux encore, il trônait au coeur d’une clairière et avoisinait quelques pans de murs qui se destinaient (?) à accueillir la chanson de l’Alchimiste.
Bien sûr, lorsqu’on est confronté à ce qui est conté dans les V.E.T., on a le droit de ne se trouver qu’à moitié surpris par pareil enchaînement de concordances. A dire vrai, je concéderai que l’on s’en accommode dans un égal mélange de joie et de respect : de joie pour ce qui est d’avoir trouvé ce que l’on cherchait, de respect à l’endroit de "Ceux" qui (comment pourrais-je en douter ?) auront su agencer la situation en vertu de l’équation perpétuée que nous révélèrent les Textes. Alors, que déduire de tout cela, en marge de cette équation perpétuée ?
Que la Pensée est vivante ? Soit.
Qu’elle sait faire aboutir un projet en effet différé ? Certes.
Mais, comment affirmer qu’il s’agit là d’un choix, et que manifester une simple intention suffit à parvenir à ses fins plusieurs années après que ladite intention fut émise ?
Un religieux soutiendra que c’est la foi qui détermine le bon aboutissement de toute chose entreprise. Qui donc osera - ici - lui donner tort ? Certainement pas celui qui rédige ces lignes et qui se souvient de la définition fournie par les Textes à propos de la foi : [...] Symbiotisme s’opérant entre l’agissement et le mouvement au gré de ses flux directionnels . [...].
Car, indépendamment de l’histoire elle-même, je pense que nous serons tous d’accord pour admettre qu’il faut que les éléments constitutifs des situations (de quelque nature qu’elles soient) existent pour que celles-ci viennent à se matérialiser.
Essayons de récapituler ce point de détail en nous référant à l’entretien s’étant déroulé au mois de novembre 2007 [1] :
[...] JIGOR : Nous n’avons jamais exigé de vous un abandon de l’analyse, dans la mesure où, pour votre spécifisme actuel, elle figure sans conteste le "support conjoncturel" du ressenti... Autrement formulé : "la continuation du donné", selon l’effet percussion / répercussion dont vous traitez souvent avec notable pertinence.
Cependant, il convient de conserver à l’esprit qu’en n’allouant point attention au délai existant entre la Pensée et le penser, le regard de vos semblables posé sur l’événementiel en fausse l’approche, une approche fort nécessaire quant à l’application de la marge de manoeuvre leur étant impartie.
JANTEL : Puis-je me permettre, JIGOR, de vous prier de m’indiquer, une fois encore, une situation précise et, si possible récente où j’ai failli en la matière.
JIGOR : Par exemple, en ne respectant pas l’ordre établi entre les noumènes vivre et être vécu. Nous avons pu dernièrement vous ouïr entériner la pseudo démonstration selon laquelle un artiste vit une oeuvre, alors que de par la disposition initiale de la chose, c’est l’oeuvre qui vit l’artiste !
JANTEL : Ne peut-on pas convenir qu’il y a là "interaction" ?
JIGOR : Certes, mais avec ce délai mentionné précédemment qui ne peut vous échapper, sachant qu’intercepter nécessite que "l’interceptable" existe et se manifeste donc à l’extrasensoriel pour ce qui a trait à l’agissement - en le cas précis l’interception -, puis le sensoriel par lequel l’acte se trouve conduit à résoudre ledit agissement . [...]
Cette brève récapitulation tend à remettre les choses dans l’ordre réel de l’advenance des faits. Il est évident que nos questions ne doivent plus se poser ensuite sous le même angle.
L’anecdote tirée des préparation et mise en place du Voyageur de l’Orage nous incitera donc à "nuancer" les formes de notre approche sur tout ce qui a trait à la notion de choix - et par ricochet - de libre-arbitre.
Conséquemment, à la question le Voyageur de l’Orage est-il le fruit d’un choix ?
Nous répondrons oui, mais dans la mesure où existait "un réceptacle" idoine pour intercepter sa préexistence , mécanisme susceptible d’être assimilé à une résultante de percussion.
Ensuite, il aura fallu qu’un effet (vraisemblablement prolongé) de réverbération s’en vienne lui conférer existence, avec tous les critères entrant en lice sous le couvert du principe de concordance en l’adaptabilité. En droite ligne de ce qui vient de se traduire quelques lignes auparavant, nous rangerons cette phase dans une logique de répercussion.
En outre, ne manquons pas de rappeler que si le principe de réverbération [2] préside à toute interception, nul ne peut prétendre maîtriser à dessein la créativité sachant s’ensuivre dans la mesure où :
a) le cogito ne fait que "participer" selon un délai variable à la résolution du ressenti transmis par inconscient, puis semi-conscient, via le circuit fermé que nous savons.
b) l’échange spasmodique auquel nous sommes voués ne permet pas de contrôler à brûle-pourpoint les flux existentialisateurs qui procèdent à la constitution des ambiants, lesquels donnent cours aux phases de réverbération(s) incidente(s), d’après la disposition du quatriadisme Conjoncturel / Circonstanciel / situationnel / Evénementiel.
Au constat que nous donnent à établir ces données, nous nous retrouvons dans la même dynamique que celle qui nous avait conduits à conclure l’aventure commentée par Bertrand.
En amont de ce que nous sommes appelés à percevoir, tout appartient à la situation Etablie. Par intermittence, lors de situations provoquées, nous parvenons à "anticiper" un événement, voire à "décider" d’une situation, mais uniquement en fonction de ce que nous situons, ou plus exactement : de ce que nous sommes capables de situer.
Cette estimation limite l’idée par trop catégorique selon laquelle "qui veut, peut". Prudence ? Couardise ? Disons que nous avons là le choix...
Nous mettrons fin à cet exposé, n’ignorant pas qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur les notions de choix et de libre-arbitre. Mais, chaque cas se voulant particulier, je propose qu’on se remette à l’ouvrage, il sera toujours temps de revenir sur ces indications, à travers d’autres exemples que l’on pourra étudier ensemble, si vous le jugez nécessaire.
Je vous adresse mes plus cordiales pensées.
Jean-Claude Pantel.

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