Étude des Textes transmis à Jantel
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Le complexe de Babinet

D 21 mai 2010     H 15:56     A Guillaume Pagano     C 0 messages


Jacques Babinet (1794-1872) fut un éminent physicien français qui inventa notamment le goniomètre (« gonio » = angle), un instrument qui permet la mesure des angles dièdres formés par les surfaces d’un prisme (*).

Une anecdote - intéressante quant à l’ultra-rationalisme de l’esprit humain confronté au supranaturel - le concerne : Durant une séance de spiritisme organisée chez Flammarion, Babinet, qui s’était jeté sur le guéridon alors en lévitation en espérant le re-plaquer au sol, demeura hélas pour lui juché sur la table en mouvement qui continuait à stationner nonchalamment dans les airs.

Or, malgré ça, le savant, tout en regagnant d’un bond le plancher des vaches, jeta à l’assemblée présente un lamentable : « Vous ne me ferez jamais croire que ces choses existent ! ».

Ce poème recadre donc l’anecdote par rapport à notre époque et la réactualise à la dimension extraordinaire de ce que vit notre ami Jean-Claude Pantel, aujourd’hui en butte à la rationalité scientiste de certains qui nient pour nier, et ne font ainsi ni avancer la connaissance, ni les progrès de la science qu’ils sont censés faire évoluer vers ce qu’elle ne connait pas encore…

Et oui : Comme l’Univers, la mauvaise foi semble éternelle.

(*) Instrument dont l’Entité Magglow semble se passer très largement puisque, d’après ses dires, l’angulaire n’est pas, mais existe seulement en qualité d’appréciation sensorielle inhérente aux diverses « stéréotomies » prises par le volume. Quant au Vide !..

Vôtre, G.P.

 


 

Après que l’assemblée a hélé l’Autre Monde,
II était là, perché - depuis quelques secondes
Déjà - le séant sur le sombre guéridon
Qui flottait dans les airs, crâne lévitation,
Et qui ne semblait plus désirer redescendre
Vers ces mortels montrant une face gris cendre
Face au surnaturel qui s’en venait briser
Les lois de la matière auguste vénérée…

Il était là, assis à un mètre du sol.
On attendit soudain siffler un rossignol
Dans la pièce atterrée par autant de mystère,
Où nul ne demanda d’où sourdait le cri clair
Et perçant qui venait de nulle part éclore.

Le silence sonnait, comme mille et un cors,
La défaite acceptée de l’humaine raison.
La séance de table avait dressé un pont
Entre tout ce qui passe et tout ce qui demeure.
On entendait, très haut, très fort, battre les cœurs.

Les bouches étaient bées(*), les lèvres restaient closes,
Les regards hébétés, les visages moroses
Acquiesçaient au naufrage insensé de la science.
Echouait le navire imbu des connaissances.
Tous se taisaient, conscients qu’ils n’étaient plus rien
Devant la suspension d’un meuble aérien
Qui côtoyait un lieu dévolu seuls aux anges.

Le réel étouffait maintenant sous l’étrange.

Des spirites voulaient une preuve nouvelle
Que le matériel confine au spirituel :
Ils l’eurent ce soir-là où voulut s’illustrer,
Physicien reconnu, le sage Babinet
Qui, - non content de voir s’envoler le mobile,
Comme vers le grand lustre attiré par un fil,
S’approchant, peu à peu, sans peine, d’un plafond
Qu’il paraissait priser pour sa destination, -
Jugea bonne l’idée de sauter sur la table
Afin que, sous son poids de chair et d’os, masse notable,
Elle regagna très vite, en cet instant éclair,
De bien mobilier, sa fonction première.
Mais la table flottait toujours, bois immobile,
Telle une noire nue au sein d’un ciel d’avril.
Et le groupe assistait au triomphe avéré,
Sur le savoir humain, d’un usuel objet.

Aussi, d’un geste brusque, acte désespéré,
II sauta de la table, un peu exaspéré
De voir que son corps lourd, non, ne modifiait pas
Ce qu’il n’identifiait dans aucun des états
Qu’il connaissait alors par voie d’expérience…
Babinet sauta donc - non sans quelque élégance -
De cet objet volant mais fort identifié,
Cette chose sans âme, inertie attestée,
Qui venait d’humilier sa tentative vaine ;
L’atome avait dompté l’érudition hautaine.

Ses deux pieds à présent s’accolaient au parterre.
Or Jacques Babinet ne se laissa pas faire,
Criant à l’assistance, encore sous le choc :
« Jamais, ô non jamais ! folie dont je me moque,
Vous ne me ferez croire à de pareilles choses ! »
II n’argumenta pas son propos d’autres proses ;

Puis il claqua la porte en guise d’adieu.
On ne le revit plus jamais dans ces lieux.

Oh ! Jusqu’à aujourd’hui, se fit combien de fois
La preuve ressassée de la mauvaise foi ?

(*) Bée n’existe pas au pluriel. Merci donc à la Licence poétique.

G.P.

 

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