Étude des Textes transmis à Jantel
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Noé

(texte de chanson)

D 9 décembre 2020     H 19:28     A Jean Claude Pantel     C 1 messages



Mise en exergue (par l’intermédiaire d’un voyage onirique) d’un plausible ressentiment de la gent animale vis‑à‑vis du comportement que l’espèce humaine affiche à l’endroit de la nature et de ce qui la compose. Placé au ban des accusés, « le responsable occasionnel des maux de la planète » parvient à se tirer d’affaire en invitant les animaux en colère à se souvenir de celui qui, lors des temps diluviens, leur avait évité une disparition prématurée.

 


 

NOÉ

 

 

Ils n’estivaient ni n’hibernaient ce jour–là, ça je vous l’assure,

En leur habit de plume, de peau et d’écaille, l’air grave et sérieux

Et comme le ressac ne couvrait pas de sa voix leur murmure,

La curiosité me conduisit alors à m’approcher d’eux.


Sans vouloir l’affirmer, je crois que depuis Jean de La Fontaine

Et cette épidémie de peste qu’il sut si bien nous narrer,

Jamais ô grand jamais : aigle, papillon, renard et baleine

Ne s’étaient retrouvés en le corps d’une pareille assemblée.


Et montait de la plage,

Direction : les nuages,

De temps à autre une clameur !

Une ovation, peut–être,

Agréant quelque fête,

En cris de toutes les couleurs…


Sur une sorte de promontoire était juché

Celui que l’on se plaît à reconnaître comme souverain :

Le lion, pourquoi donc ne pas le nommer,

Demeurait impassible, il écoutait tout un chacun…


 

Fut–ce le vent du large, qui en ses embruns, trahit ma présence,

Colportant mon odeur au flair exercé de quelque mâtin

Ou bien l’œil « aiguisé » d’un oiseau de proie… mais un grand silence

S’abattit pesamment, tandis que le ciel s’obscurcit soudain.


En moins de temps qu’il faut à ces quelques mots pour vous le décrire,

Je fus vite entouré de mille regards lourds de suspicion,

Tant et si bien d’ailleurs, qu’en l’instant je vis mon procès s’ouvrir,

Sans que j’ai eu loisir de pouvoir poser la moindre question :


 

« Au nom de la Campagne !

Au nom de la Montagne !

Aux noms des Déserts et des Mers !

Des Forêts et des Êtres

Que l’Homme fait disparaître,

Rendons justice à notre Terre ! »


En chœur, fut traduit en cet acte d’accusation

Ce que souvent à mes semblables, en chansons j’avais reproché,

Il fallait assumer la situation,

Quand le calme revint, j’y allai de mon envolée :


Faire endosser les maux que vous subissez à un seul « coupable »,

De surcroît innocent, quand bien même nul n’est jamais tout blanc,

Reviendrait à réitérer le célèbre « haro » de la Fable

Et ne garantirait en rien l’Avenir si préoccupant…


C’est au « pluriel » que l’Homme est dangereux pour tout ce qui l’entoure,

Qu’il se retrouve seul, il se fait « tendresse » et parle d’aimer,

Sans prêcher pour moi–même, remontons l’Histoire, le temps à rebours :

La pollution, la chasse, ne sauraient vous faire oublier Noé !


Noé, le Patriarche !

Noé, dessus son Arche !

Noé, sans qui seriez–vous là ?

En cette controverse :

La Raison tergiverse,

Demain, c’est encore Autrefois ! …


Et c’est bien ainsi que quelques millénaires après

Avoir soustrait au Déluge tant d’Espèces sur son « radeau »,

Noé, sans le savoir, venait de sauver

Des « flots d’un cauchemar », celui qui clame à chaque écho :


Quand grondera le Monde,

Que bouillonnera l’Onde,

Noé, reviendras–tu un jour ?

Comme là dans mon rêve,

Pour que vive sans trêve,

Partout, le règne de l’Amour…


« Noé, le Patriarche !

Noé, dessus ton Arche !

Noé, reviendras–tu ce jour ?…

Où grondera le Monde,

Où bouillonnera l’Onde,

Pour que se perpétue l’Amour… » (Ad libitum)


 

Paroles et Musique : Jean-Claude PANTEL

 

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1 Messages



  • À propos, Voyageur, tandis que l’arche fût remplie d’animaux, où diantre les hommes étaient-ils donc passés ? Et puisque les clichés préétablis ou archétypes tendent à nous revisiter tels des comètes, revivra-t-on des chutes de société, de civilisation, ou d’Espèce comme le prétendent certaines légendes ?.. Peut-t-on s’extraire de « l’esclavage » nous conditionnant au sein de cette impérieuse et « vorace » chaîne alimentaire  ? Ne cheminais-Tu pas à nos côtés lors de cette prise de conscience (effective ?) voyant l‘homme se sustenter sans vergogne ni l’ombre d’un début d’état d’âme – d’État d’Homme.. ? – de ce qui le constitue, à savoir par la pratique assidue puis INSATIABLE de ses multiples «  emprunts  » aux autres Règnes  : du Minéral à l’Animal, en passant par le Végétal.. ? L’Homme voulant évoluer, a-t-il réellement les moyens « légitimes » de ce à quoi il dit « aspirer » ?.. Certains de tes silences ne nous rassurent pas, VoyageurL’anthropocentrisme ne tiendrait plus sa promesse de nous promouvoir « Élus » de quelque vague et obscure Déité ?!.. Et à bien y regarder, Voyageur, en vertu de quoi l’homme aurait-il la primauté de la violence, du désordre ou de la destruction ? La violence n’était-elle pas déjà au cœur même du big bang dont nous ne serions que les lointains artefacts, les « enfants terribles », les poussières d’étoiles  ?…


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