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31 décembre 1985

D 31 décembre 1985     H 07:42     A Rasmunssen     C 0 messages


Rasmunssen
- Il est nécessaire de nous entretenir sur le bilan à établir par l’entremise de vos déductions sur ce dernier cycle annuel : n’est-ce pas un des points d’orgue de la décennie que nous n’avions pas manqué de vous recommander d’aborder avec la plus grande disponibilité ?.. la plus grande attention ?..

Question
- Il est certain que cette année a grandement marqué les gens - ceux que je côtoie du moins - mais j’ose penser que pour les autres personnes qui me sont inconnues, il a dû y avoir « agression », si vous m’autorisez l’expression...

Rasmunssen
- Les gens, Jantel... et les choses... tout ce qui est... Je ne vous ferai pas l’injure, Jantel, vous l’épris de « prosopopée », de vous faire valoir combien les choses ont pu percevoir, à travers le support qu’elles vivent, la qualité semi-cataclysmique de ce cycle annuel. Nous souhaiterions vous entendre matérialiser vos mémorisations à cet effet, dans le cadre de votre conviction « intuito-ascensionnelle » et, par là même, de vos "prises de conscience répertoriées...

Question
- Chronologiquement, nous eûmes à assumer un hiver rigoureux ; après une vingtaine de jours sous les tropiques, Lucette, Jean et moi-même avons été particulièrement sensibles à cette vague de froid, un peu par l’agression de la température elle-même et je pense aussi par comparaison avec le climat de Cuba.

Rasmunssen
- Très pertinente analyse, Jantel, à laquelle j’ajouterai, avec votre consentement qui transparaît déjà, que cette situation bidimensionnelle n’était pas due au « hasard » et pour cause...

Question
- Vous lisez comme toujours dans les pensées, Rasmunssen, peut-être même avant qu’elles ne se manifestent à mon intention de les dire, de les dévoiler, si je ne vous parais pas trop obscur dans ce que je veux vous traduire avec beaucoup de maladresse...

Rasmunssen
- Il est aisé de lire en vous ce qui y vit, Jantel ; votre modestie dût-elle en souffrir, vous donnez sans retenue ce que vous recevez de « l’essentiel » avec un grand « E » - pour employer une image de votre vocabulaire - et « qui » sait vous interpréter dans ces moments-là, s’enrichit grandement. Viendra pour vous l’âge de la constance en la matière... Karzenstein, dussé-je me répéter, n’a point failli en me conduisant à vous faire "vous connaître’’...

Question
- Bien que je ne puisse masquer une très grande émotion, je vais m’efforcer de demeurer lucide pour continuer avec vous cet entretien. Pardonnez-moi par avance d’éventuelles difficultés à la qualité de cet entretien dont vous me jugez digne. Nous avons vécu, sans trop de « choses fortes », un printemps « sportif » comme les années précédentes : peut-être l’essentiel dont vous parlez nous a été « occulté »... Sans doute les catastrophes diverses de l’automne et de la fin de l’été et même de la fin de l’année couvaient déjà mais la "dimension temporelle’’ nous faisant défaut, nous ne les avons pas perçues, ni dans leurs formes, ni à l’instant choisi par les choses elles-mêmes pour se manifester. Toutefois, par rapport à nos entrevues précédentes et par rapport à ce que vous m’avez enseigné au cours de ces entrevues, je ne suis qu’à demi-surpris et mes amis avec moi de constater les effets d’autodestruction de notre espèce. Pour ma part, je pense effectivement que 1985 en est bien un point d’orgue, l’effet de continuité m’échappe pour des raisons que nous avons déjà évoquées...

Rasmunssen
- Cet effet est situé mais non situable, du moins dans son intégralité : ce sont là les fluctuations de la « Masse Ectoplasmique ».

Question
- J’avoue ne ressentir aucune angoisse, je dirais que je trouve presque normales certaines choses mais je pense aussi que ma tolérance est due au fait que je n’ai pas été, avec mes amis, confronté à ce qu’il convient d’appeler des « catastrophes »...

Rasmunssen
- Il vous a été donné de vivre des situations difficiles, dans d’autres circonstances, certes, mais pénibles car contraignantes pour l’idée que vous possédez de votre évolution ; faites m’en état sans ambages... Sachez toutefois que nous avons tenu à vous laisser maîtriser sans aide aucune les difficultés de ces périodes... vos problèmes avec les autres d’abord, avec vous-même ensuite...

Ainsi, vous vous montrâtes sévère, Jantel, avec la soeur de Lucette, juste quant à ce qu’il vous était donné d’exprimer la situation, mais sévère tout de même...

Question
- La « sévérité » est-elle un mal ?

Rasmunssen
- La « sévérité » est inhérente au « cogito » quant à sa conception, elle est soumise aux circonstances quant à sa réalisation et elle prend le pas sur les autres sentiments lorsqu’il s’agit de définir une situation où les actes s’offrent au jugement réciproque d’individus. Sans elle, « l’Espérance », mère des espèces pensantes, n’aurait de raison d’être car la sévérité en son langage comme en ses actes conditionne et le corps et les sens, en un mot l’esprit, donc l’élément de continuité. La « sévérité » en l’harmonie dont elle dépend est donc un bien.

Question
- Par où ai-je donc péché ?

Rasmunssen
- Par la précipitation, Jantel, par votre propension à vouloir voir les choses se réaliser au moment même où vous les ressentez. D’autres que vous, dont vous avez fait vos exemples, ont fauté de la même façon en leur temps et les conséquences furent, comme vous n’êtes pas sans le savoir, beaucoup plus graves.

Votre ami Jean, que vous combattîtes pour son obstination à des moments précis, a su se situer dans l’évolution qui était sienne et dont ni vous ni lui n’aviez imaginé, en ces instants de « joute oratoire », la qualité précise, voire la finalité... provisoire bien entendu. Il en sera de même avec Béatrice quant à la progression que vous lui proposiez. Comment vous donner tort, Jantel, dans le fait de lui avoir fait remarquer que les individus dont elle s’entoure, dont elle s’entoura, sont de la même qualité que les personnes que son travail l’oblige à côtoyer ?.. Ces individus vont tour à tour fournir leur laine, leur lait, leur vie ou du moins ce qu’il en subsiste à un « système » que, pour votre part, vous avez su écarter. Tous ces gens, Jantel, aiment ’’ce« que vous faites car c’est en l’acte que votre espèce reconnaît la qualité des choses vécues, mais tous ces gens vous haïssent quand un miroir leur renvoie leur image ou quand ils se concertent entre eux, ce qui est identique en la conclusion. Vous avez été juste, Jantel, sévère et c’est un bien, mais empressé et de ce fait, vous avez altéré votre »sérénité« . En cela, il m’est donné de venir vous dire encore de vous montrer patient, c’est le meilleur exercice qui soit pour fortifier »l’humilité« , mère de la »sagesse"...

Question
- Le fait d’avoir renoué avec la chanson dérange-t-il « l’humilité » ?

Rasmunssen
- Dans la qualité des choses à vivre, Jantel, il faut, dans votre cas et à un degré moindre, dans celui de ceux qui partagent vos instants, revenir le plus souvent possible à la « remise en cause » de vos « actes » en fonction du « processus de compensation existentiel », en acceptant le canevas de la décomposition de l’acte.

Dans ce cas précis, l’acte s’appelle « don » : il se matérialise dans le cadre des instants qui vous sont offerts, soit par votre idée de la « réalisation » du groupement de course pédestre « Hermès », soit par votre propension à émettre par le son textuel ou musical ce que les circonstances vous ont donné de ressentir et de mettre quelquefois en pratique. Là encore, il est malaisé de ne point déranger le cheminement de la « phase extatique » dans lequel vous vous êtes engagé. Il y va de la communication avec autrui, Jantel, et là vous perdez toute votre sérénité en les fluctuations de votre « vocation anthropocentrique » par des instants d’humeurs diverses...

Question
- Je ne pense pas douter, du moins sur le moment, de ce que je fais, de ce que je vis.

Rasmunssen
- Non seulement vous ne doutez pas, Jantel, mais j’ajouterai qu’il ne vous faut en aucun cas douter mais il est indispensable en la matière de vous remémorer ce que vous savez sur la « Loi d’Evolution des Espèces ».

Question
- En cela il y a cette notion, comme le dirait mon ami Patrick, de « troupeau », notion difficile à accepter...

Rasmunssen
- En ce que vit votre espèce, Jantel, il y a toujours, faut-il le répéter, présence active du « cogito ». Ce cogito porte en lui un besoin d’identification qui se matérialise le plus souvent, voire presque en chaque acte à « agir » et « agi », par un besoin de comparaison ; c’est le « comparativisme » (dirigé ou non) qui conduit immanquablement à la « hiérarchisation » des choses et des êtres. Le fait de considérer la notion du « troupeau » n’interdit pas de se mêler audit troupeau, ne serait-ce que pour le conduire de temps à autre à des pâturages plus « vrais ». D’ailleurs, Jantel, que vos amis Lucette, Jean et Patrick, pour ne citer qu’eux, se rendent bien compte qu’en l’organisation « d’épreuves sportives », ils vivent cette hiérarchisation, ne serait-ce que parce que les autres, en ces instants précis, dépendent d’eux. Qui était à même de l’imaginer avant la réalisation de la chose ? Qu’en faut-il conclure ? Tout simplement qu’en le « don de soi » qui comporte toujours une part de « semi-conscient », la hiérarchisation des individus en l’occurrence n’est rien de moins qu’une « chaîne évolutive » : il y a celui, ceux qui mènent, les autres qui sont menés. Le dénouement en la conclusion mettra en exergue un apport certain à « la connaissance de soi » pour les uns comme pour les autres. Alors Jantel, écrivez, chantez, courez, faites courir, tous ces actes ne nuisent pas à « l’humilité ». Ce sont les écarts de langage qui faussent l’analyse du « vécu » et conduisent au « tourment », mais comme celui-ci est fugitif, il ne gène en rien « l’évolution ». Il y a « sept cycles annuels », Jantel, je ne vous tenais pas, semble-t-il, tout à fait les mêmes propos. « Atteindre sans attendre, sans chercher, donc sans redouter »... Replacez ces dires dans leur contexte actuel, Jantel, et analysez vos carences, vos échecs en l’interprétation que vous en donnâtes à l’époque...

Question
- Rien ne remplace le vécu, Rasmunssen, mais je vous dois de savoir, du moins un peu plus...

Rasmunssen
- Ce qui doit se savoir, se sait... La chose est inhérente à ce qui est. Seule la densité de « l’ambiant », par le principe volume/Vide, décidera de l’instant pour l’individu de « vivre la chose ».

L’un des principes du cogito - je devrais dire même fonction - est la mémorisation de ce que votre dimension vous autorise à considérer comme exceptionnel. Cela nuit à la « constance » et vous conduit à « l’insatiabilité ». Ce n’est que facette du manque d’harmonie de votre espèce à son propre égard... mais nous y reviendrons en temps choisi.

 

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